Nicaragua : une initiative inédite d’Incofin protège près de dix-huit mille producteurs de café et de céréales contre les conséquences du changement climatique

décembre 6, 2018

Cette année, Incofin CVSO, à travers de son programme d’assistance, a soutenu une initiative en faveur de la création d’une micro-assurance agricole visant à protéger les petits agriculteurs du Nicaragua des effets souvent dévastateurs du changement climatique.  Le produit d’assurance utilise l’imagerie satellitaire pour mesurer l’ampleur des sécheresses et des tempêtes au niveau individuel de l’agriculteur, déclenchant des paiements qui assurent une stabilité financière aux agriculteurs lorsque des événements climatiques se produisent.

Récemment encore, faute de connaissances, de confiance ou de moyens financiers, les petits agriculteurs nicaraguayens ne disposaient d’aucune sorte d’assurance climat. L’initiative d’Incofin transfère la gestion et les paiements de cette assurance au niveau du groupe et entre les mains des institutions de microfinance (IMF) locales. Le succès est au rendez-vous.

À long terme, avec le Honduras, Haïti et le Myanmar, le Nicaragua risque de faire partie des principales victimes du changement climatique, révèle le Global Climate Risc Index (CRI). Ce pays d’Amérique centrale est de plus en plus confronté à la dégradation des récoltes par les sécheresses persistantes, les précipitations de longue durée et les ouragans. Les prix des assurances agricoles contre les événements climatiques extrêmes, cependant, grimpent en flèche. Et souvent, les petits paysans ne connaissent pas le principe de l’assurance ou s’en méfient. Une situation épineuse, surtout pour les paysans les plus vulnérables, celles et ceux qui cultivent une parcelle louée ou de faible dimension.

Incofin est le premier à s’engager en faveur de ce groupe avec une assurance de niveau intermédiaire. Concrètement, ce sont les institutions locales de microcrédit qui s’assurent d’abord. Lorsque les intempéries frappent les terres et le bétail des exploitants, l’assureur indemnise les IMF (instituts de microfinance). Avec ces remboursements, les institutions en question alimentent un fonds de réserve spécial pour les fermiers locaux. Ensuite, les IMF analysent la situation des agriculteurs dans la région touchée afin d’identifier ceux qui ont subi le plus lourd préjudice. Chose unique pour une assurance agricole, le dispositif ne protège pas seulement les cultivateurs des phénomènes extrêmes, mais aussi des changements climatiques plus fréquents, à plus petite échelle, qui exercent des effets durablement néfastes. Enfin, les IMF restructurent les crédits des agriculteurs locaux ou assouplissent les délais de remboursement. Dans ces conditions, les paysans sont en mesure de conserver un revenu régulier pour nourrir leur famille.

Incofin a lancé le projet en juillet 2017 avec la collaboration des IMF locales Fundenuse, Fundeser et MiCrédito ainsi qu’avec le soutien financier de l’Inter-American Development Bank (IADB), de la Nederlandse Ontwikkelingsbank (FMO) et d’autres acteurs. L’été dernier, après une grande sécheresse, l’initiative a prouvé son bien-fondé et son efficacité pour les producteurs locaux de café et de céréales. Elles renforcent la résistance des familles paysannes aux effets du changement climatique.